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Qu'est-ce qu'un MOOC?

Une formation en ligne ouverte à tous (FLOT), aussi appelée cours en ligne ouvert et massif1,2 (CLOM3), cours en ligne ouvert à tous,cours en ligne (termes officiels recommandés par la Commission générale de terminologie3) ou cours en ligne ouvert aux masses4 (enanglais : massive open online course, MOOC), constitue un exemple deformation ouverte et à distance. L'appellation MOOC a été reconnue en entrant dans le Larousse 20165.

Les participants aux cours, enseignants et élèves, sont dispersés géographiquement et communiquent uniquement par Internet. Desressources éducatives libres sont souvent utilisées. Le qualificatif « massif » quant à lui, est lié au grand nombre de participants : dans le monde anglophone, il peut arriver que plus de 100 000 personnes soient réunies pour un cours6.

Sommaire

Éléments de définition[modifier | modifier le code]

Il existe deux grands types7 de cours en ligne ouverts et massifs : les xMOOC qui visent à valider les compétences acquises en délivrant un certificat de réussite et les cMOOC dont les objectifs d’apprentissage sont ouverts et dont les participants créent dans une large mesure le contenu8. Ces cMOOC sont fondés sur la théorie de la connectivité et sur unepédagogie ouverte, qui s'appuient sur des réseaux de contenus et d'individus.

Types[modifier | modifier le code]

En juillet 2012, une typologie des MOOC a été proposée par Stephen Downes9 reprise par George Siemens dans un papier10.

D'autres typologies ont été proposées, par exemple pour ajouter un troisième type de MOOC tourné vers un projet par équipes et par projet12. On a alors trois catégories de MOOC, selon qu'ils mettent en avant : le réseau des apprenants (Network-based), le travail d'équipe (Task-based) ou le contenu (Content-based).

Plates-formes logicielles[modifier | modifier le code]

Début 2013, trois catégories de plates-formes logicielles hébergeant des MOOC existent :

  1. celles qui ont directement été conçues pour être des MOOC et sont portées par des entreprises ou des fondationsCoursera, Udacity (en), edX, FutureLearn (en)13. Ces plates-formes sont réservées aux universités les plus connues ;
  2. celles qui sont portées par des entreprises proposant au départ des LMS aux institutions d'enseignement, commeCanvas Network et CourseSites by Blackboard et qui les ont adaptées pour passer au « massif ». Au contraire des précédentes, leur stratégie est de mettre les MOOC à la portée de toutes les universités, afin de permettre l'émergence d'une offre plus large et ainsi aux meilleurs cours d'émerger sur la base du mérite14 ;
  3. les plates-formes de logiciels libres, qu'il faut installer soi-même : Moodle15, Course Builder de Google, qui utiliseGoogle Apps, Sakai CLE, développée par la fondation Apereo et utilisée par les MOOC UvA16 et Edulib17,OpenMooc18 animé par UNED Abierta (en), l'université ouverte espagnole, Class2Go19 ou la version open sourcede Canvas. Le code-source d'EdX a également été libéré en juin 201320.Claroline Connect21 dont l'originalité est de fournir aux enseignants comme aux apprenants les mêmes outils, permettant de développer des Moocs sur tout le spectre connu, du xMooc au cMooc.

Historique[modifier | modifier le code]

En septembre 2012, le premier MOOC francophone est un cMOOC « Internet, tout y est Pour Apprendre » (ITyPA)22. Recrutant à partir de début janvier 2013, le MOOC « ABC de la gestion de projet » de l'École centrale de Lille est le premier xMOOC en France : il délivre un certificat en cas de réussite et inaugure de nombreuses innovations : trois parcours individuels ou par équipe, modules de spécialisation, recherche sur l'évaluation par les pairs23.

En France[modifier | modifier le code]

Certains sites, tels que netprof.fr, proposent depuis plusieurs années des tutoriels en vidéos. Acteur historique de la formation en ligne aux nouvelles technologies, le Site du Zéro (depuis renommé OpenClassrooms) propose de son côté plus de 1000 tutoriels24 rédigés par une communauté de membres.

Les premiers MOOCs français apparaissent en 2012 avec le MOOC ITyPA de Télécom Bretagne et Centrale Nantes ainsi que le premier MOOC certificatif de gestion de projet de Centrale Lille. Depuis on constate une augmentation régulière du nombre de formations proposées. Trois profils se distinguent : ceux qui proposent leurs cours sur Coursera, ceux qui vont vers France Université Numérique et les indépendants. À noter que dans les indépendants, on trouve notamment HEC Paris, qui est la première école de commerce Française à avoir lancé son programme de formation en ligne (dont le programme ICCF @ HEC Paris en partenariat avec le centre de formation First Finance Institute).

En octobre 2013, le gouvernement français a annoncé la mise en place de France Université Numérique (FUN)25, une plate-forme encadrée par le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. En janvier 2014, les premiers MOOCs sont disponibles (une vingtaine au lancement). Depuis, l'offre a triplé26 avec une soixantaine de cours.

Depuis mars 2014, l'association SILLAGES.info, présidée par la Conférence des grandes écoles, s'est également lancée dans la production de FLOT (7 à ce jour) afin de contribuer à l'ouverture sociale et internationale de l'accès aux grandes écoles de toutes filières27.

Dès septembre 2013, l'École polytechnique a mis en place plusieurs cours sur Coursera. Il y a un cours d'introduction aux probabilités28, un sur la conception et mise en œuvre d'algorithmes29, et un autre sur la théorie des distributions30.

En janvier 2014, HEC Paris propose sur Coursera un MOOC sur l'Union européenne, permettant à chacun de connaître les fondements de l'UE en vue des élections européennes de 201431.

Intitulé « l’avenir de la décision : connaitre et agir en complexité », l'ESSEC a lancé son premier MOOC en septembre 2014 en collaboration avec le philosophe Edgar Morin32.

OpenClassrooms propose depuis 2013 des MOOCs sur le développement informatique, l'entrepreneuriat, la communication et le marketing. En septembre 2015, l'offre comportait 50 MOOCs33.

Tous les MOOCs font l'objet d'une co-conception entre l'auteur et un ingénieur pédagogique d'OpenClassrooms. Les auteurs peuvent être selon les cas des passionnés, des professionnels (Google34, IBM35), des formateurs de métier (Tamento36) et des professeurs d'écoles et universités (Ecole Polytechnique37, CentraleSupélec38...).

OpenClassrooms expérimente régulièrement de nouveaux formats de cours et exercices. Depuis 1999, sous son ancien nom de Site du Zéro, plus de 1000 cours ont été publiés par sa communauté d'utilisateurs39. Activités corrigées entre pairs tout au long de l'année et rédaction ouverte à tous40 font partie de ses spécificités.

OpenClassrooms a levé en tout plus de 2 millions d'euros (en 201241 puis en 201442) pour financer la création de nouveaux cours et la mise en place d'un business model viable autour des MOOCs.

En juin 2015, OpenClassrooms ouvre le premier titre professionnel de niveau II reconnu par l'État entièrement en ligne en partenariat avec l'IESA Multimédia, identique à une école traditionnelle43.

En février 2015, AECIS lance une plateforme de MOOC dédiée à la formation continue. Elle permet à tout consultant ou formateur autonome de vivre de son expertise en créant une communauté apprenante autour de lui dans une logique collaborative.

Le premier parcours d'apprentissage est consacré à l'économie collaborative et à l'entrepreneuriat communautaire dans le conseil. Il diffuse les compétences et les outils permettant à chacun de devenir maître de sa vie et de créer son propre emploi ou activité en tant que consultant autonome en tout sécurité et interdépendance.[réf. souhaitée]

Il s'agit d'une plateforme numérique de formation à distance, mise en place par le ministère de l'Éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche.

En janvier 2014, Télécom Bretagne et l'Institut Mines-Télécom proposent leurs premiers MOOCs sur FUN. Il y a un cours sur la fabrication numérique (impression 3D, Arduino)44, un autre sur les réseaux de données45, et un cours d'introduction aux réseaux cellulaires (réseaux mobiles GSM, 3G, LTE)46. Il est à noter que ce dernier cours avait été déjà présenté à deux reprises (avril et septembre 2013) sur une plate-forme dédiée de Télécom Bretagne47.

L'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne a proposé plusieurs cours sur différents aspects du droit, notamment un sur le droit des entreprises.

En mars 2014, le Groupe INSA48 a proposé son premier MOOC, une introduction à HTML5 (centrée sur l'animation et les jeux)49. Il était assuré principalement par Jean-Yves Plantec de l'INSA Toulouse.

Le Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) a proposé plusieurs cours sur FUN. L'un d'eux, un cours de management de Cécile Dejoux, a été suivi par 36 000 personnes, ce qui en fait le MOOC français le plus suivi50.

L'association SILLAGES.info a mis en ligne à ce jour 7 FLOT comptabilisant près de 80 000 connexions51 s'appuyant sur environ 1000 ressources pédagogiques de niveau L0 à L2. Les FLOT SILLAGES à ce jour: bases de données relationnelles, programmation en python pour débutants, grec ancien pour débutants, latin pour débutants, réviser l'algèbre, vers l'excellence professionnelle et se former à l'égalité femmes-hommes.

Depuis avril 2015, Pôle emploi propose quatre "MOOC pour l'emploi"52 : "Construire son projet professionnel" ; "Organiser sa recherche d’emploi, trouver des offres qui me correspondent" ; "Réaliser un CV et une lettre de candidature" ; "Préparer un entretien d’embauche et ses relances employeurs"53. Au mois de mai, plus de 10 000 demandeurs d'emploi s'étaient inscrits sur ces MOOCs54 qui visent d'une part à faciliter la recherche d'emploi, en adéquation avec les offres du marché, d'autre part à faire gagner du temps pour l'échange entre le demandeur d'emploi et son conseiller, l'échange se faisant directement par internet. Des modules avec vidéos sont animés par Fabien Beltrame, responsable du département orientation professionnelle et formation à Pôle emploi55.

En septembre 2012, « Internet, tout y est Pour Apprendre » (ITyPA)22 a été le tout premier MOOC français, sur l'apprentissage collaboratif. Il s'agit d'un MOOC connectiviste qui n'a pas délivré de certificat.

Le MOOC « ABC de la gestion de projet » de l'École centrale de Lille créé par Rémi Bachelet et une équipe de bénévoles est le premier MOOC en France à délivrer un certificat en cas de réussite. Il y a en fait trois MOOC avec des parcours et des certificats différents : classique, avancé, par équipe. Il regroupe 3 500 inscrits à son démarrage en avril 2013, pour des taux de réussite de 50 à 78 %, selon les certificats56. Deux sessions s'ouvrent chaque année depuis la première édition, de sorte qu'il reste le MOOC francophone en ayant proposé le plus, le MOOC GdP6 ouvrant en septembre 2015.

En mai et juin 2013, France Télévisions propose un MOOC sur la philosophie sur le site Francetv éducation. Il s'agit du premier MOOC français à destination des élèves du secondaire, pour réviser les notions au programme de philosophie du baccalauréat 201357,58.

L'Université Lille 1 a proposé un MOOC Arithmétique : en route pour la cryptographie en octobre-novembre 2013 sur la plate-forme Canvas.

En novembre 2013, l'EMLYON a lancé la première édition de son MOOC sur l'effectuation, sur la plate-forme Unow.

En mai 2014, la France Business School a organisé son premier MOOC consacré à la pensée design (Design Thinking), hébergé sur une plate-forme dédiée : « MOOC Pensée Design »59,60.

De mai à juillet 2014, Grenoble École de management propose un MOOC intitulé «Penser Global»61 sur le thème de la géopolitique, une des spécialités de l'école, sur la plate-forme Unow.

Au Québec[modifier | modifier le code]

En 2013, HEC Montréal lance la plate-forme EDUlib17, créée pour mettre en place des CLOM en français. En mai 2013, le premier cours de cette plate-forme est lancé. Il s'agit de Problèmes et politiques économiques : les outils essentiels d'analyse, d'une durée de 6 semaines62.

En 2014, la TÉLUQ a réalisé deux CLOM en français, sur la plateforme Open edX, l'un sur la conciliation travail-famille et l'autre sur l'Introduction à l'histoire politique du Québec. Les deux cours ont été diffusés du 24 octobre au 12 décembre 2014 et plus de 5000 étudiants s’y étaient inscrits63.

En 2014, l'Université Laval annonce la création du MOOC « Développement Durable - Enjeux et trajectoire »64, qui débutera en février 2015. Entièrement en ligne et gratuit, ce programme d'une durée de 7 semaines est le premier MOOC offert par l'Université Laval65.

En 2015, l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) a offert en mars et d'une durée de 5 semaines, un premier cours en ligne ouvert aux masses (CLOM). Intitulé « La littératie financière et fiscale, ouverte à tous ». Ce CLOM porte sur les finances personnelles et la fiscalité et est conçu par les professeurs Nicolas Boivin et Marc Bachand. Environ 6 400 personnes se sont inscrites. Outre ce premier CLOM, l’UQTR prévoit également lancer un autre cours du même type à l’automne 2015, celui-là portant sur la petite enfance.

En Suisse[modifier | modifier le code]

En octobre 2013 le MOOC Calvin - histoire et réception d'une Réforme est proposé par l'Université de Genève, Faculté autonome de théologie protestante sur Coursera, par Christophe Chalamet et plusieurs collaborateurs, et d'une durée de5 semaines (cours en français, sous-titres anglais, 3 à 4 heures par semaine)66.

Début 2013, l'École Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) propose un cours intitulé Analyse Numérique pour Ingénieurs67, d'une durée de 7 semaines. Le cours démarra le 18 février 2013 (4 à 6 heures par semaine). En septembre 2013, l'école proposa également le cours Introduction à la programmation orientée objet sur Coursera68. Les cinq premiers MOOC sont identiques pour les étudiants EPFL et l'audience en ligne. Il se conclut par un mini-projet d'algorithme imitantPageRank de Google.

En Israël[modifier | modifier le code]

En février 2014, le président de l'État d'Israël Shimon Peres a donné un cours en ligne ouvert et massif portant sur l'éducation civique avec une audience de 6 500 participants répartis dans 215 écoles, record homologué par le livre Guinness des records69.

Au Maroc[modifier | modifier le code]

L'université Cadi Ayyad de Marrakech, début 2013, a mis en place un système de formation à distance en ligne et ouverte à tous, en filmant certains de ses cours et en les diffusant sur internet, afin d'en faire profiter le plus grand nombre d'étudiants en les diffusant sur les portails de l’université. Compte tenu de la difficulté liée à l’accès à l'éducation au Maroc, ceci répond à des besoins précis, notamment à améliorer la réussite des étudiants qui travaillent dans des classes bondées, et à optimiser la ressource professorale.

Plates-formes techniques[modifier | modifier le code]

Plates-formes issues des universités américaines[modifier | modifier le code]

OpenEdX est la plateforme de MOOC utilisée par le plus d'acteurs différents, dont le code est OpenSource

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Alternatives[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, l'entreprise Instructure développe la plateforme Canvas, dont le code est OpenSource. Peu connue, elle propose toutefois une richesse fonctionnelle et une ergonomie supérieure à OpenEdX

En Allemagne, la plate-forme Iversity est ouverte en octobre 2013 avec le soutien d'institutions fédérales et régionales, mais aussi de T-Venture, le fonds de capital-risque de la compagnie Deutsche Telekom et d'autres investisseurs. Elle dispense des cours en allemand et en anglais70,71.

La Commission européenne soutient le projet OpenUpEd porté par l’European Association of Distance Teaching Universities72 avec l’Open University73.

Plates-formes privées et cours en ligne payants[modifier | modifier le code]

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Certification et problématiques économiques[modifier | modifier le code]

Certificats de complétion[modifier | modifier le code]

Le taux de réussite des (nombreux) étudiants inscrits est faible. Une autre étude réalisée par le MIT et Harvard indique que 5% seulement des inscrits vont jusqu'au bout de la formation et la valident ; 9% suivent plus de la moitié du cours, il y a donc un important décrochage qui survient surtout sur les deux premières semaines du cours et se stabilise par la suite74. Perte d'assiduité au cours, envie des participants de prendre connaissance du cours ou de certains modules spécifiques sans participer à son évaluation sont des raisons parmi d'autres pouvant expliquer le faible taux de réussite par rapport à un cursus classique en présentiel.

La reconnaissance des crédits universitaires entre en conflit avec le modèle économique de certaines plate-formes MOOC. Par exemple, le contrat utilisateur de Coursera interdit à l'étudiant d'utiliser son certificat dans le cadre des études dans une université, comme on l'a constaté dans une expérience à l'École Centrale de Lille75, ce qui conduit à poser la question de la manière dont un MOOC peut être pris en compte dans un cursus : soit en payant Coursera, soit en intégrant le MOOC de manière indirecte.

Modèle économique des plates-formes[modifier | modifier le code]

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Le freemium permet de conserver des cours en ligne gratuits mais monétiser l’obtention d’une certification, passée dans des centres d’examen agréés76 ;

Critiques de ce type d'enseignement[modifier | modifier le code]

Les MOOC qui ont connu un grand essor en France en 2013 et dont le développement est fortement encouragé par la ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Geneviève Fioraso77 n'ont pas suscité uniquement une vague d'adhésion. Des critiques se font entendre dans les milieux universitaires et syndicaux. Les MOOC tiendraient plus du marketing académique que de la pédagogie numérique selon le sociologue Jérôme Valluy pour qui participer à un cours en ligne ouvert et massif d'une grande école ou université n'est qu'un « ersatz de prestations pédagogiques » et est loin d'avoir le même prestige qu'une formation en présentiel dans ces écoles : « Les certifications qu’elles délivrent ne valent pas, au regard des employeurs, les diplômes délivrés sur la base de formations principales ». L'objectif de réduction des coûts par la diffusion en ligne est également pointée et ne doit pas être le seul objectif au détriment de la qualité du contenu78.

Certains craignent que le modèle économique des MOOC qui n'est pas encore abouti et rentable entraîne une privatisation partielle des cours et que la généralisation des cours en ligne (publics ou privés) aboutissent à une mise en concurrence exacerbée des facultés dans un contexte de restrictions budgétaires et d'autonomisation des universités79. L'accès différencié au numérique et à l'équipement informatique, l'appauvrissement de l'offre et de la qualité des cours, les problèmes pédagogiques ainsi que l'isolement des étudiants sont autant de sources d'inquiétudes souvent partagés par les détracteurs des MOOC78,80. Ainsi, l’université de Cambridge estime qu’elle est très loin de considérer les MOOC comme des concurrents et pour l'université d'Oxford, les MOOC ne les poussent pas à changer quoi que ce soit, ajoutant que ces plateformes n’ont rien de révolutionnaire81.

Annie Vinokur, Professeur émérite de sciences économique à l'Université de Paris-Ouest-Nanterre, indique que le développement des MOOC dans les années 2010 est concomitant de la hausse des frais de scolarité dans les universités américaines qui perdent ainsi des étudiants, et par extension de l'argent, au profit des universités publiques (+ 53 % en 2011). Annie Vinokur précise par ailleurs à propos du modèle économique : « Le modèle financier est du type « à deux versants » : d’un côté la gratuité du produit d’appel et de l’autre la promesse de ressources qui proviendraient despremiums (comme la certification payante ou des services annexes), des contrats avec les fournisseurs de manuels en ligne, de la publicité, de la vente aux entreprises d'information sur les participants, du placement des étudiants, etc.). Pour les universités qui souhaitent confier leurs cours à une plate-forme le coût d’entrée est élevé (le coût moyen d’hébergement sur une plate-forme for profit américaine était en 2012 de 50 000 $ par cours), contre la promesse d’une fraction des revenus nets (20 % en moyenne chez Coursera à la même date). »82.

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