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Le J3F est un jeu de rôle où, comme son l’indique, on retrouve trois figures : l’agresseur, la victime et le redresseur de torts. Les rôles sont généralement distribués par le maître et sont interchangeables, pour éviter que les agresseurs choisissent le rôle de l’agresseur et les victimes celui de la victime.

« Le J3F n’a jamais eu pour objectif de constituer une activité « expressive » ou «créative ». Il ne s’agit pas non plus d’encourager le jeu libre, mais au contraire de poser des repères pour inciter les enfants à explorer des postures identificatoires qu’ils avaient tendance à abandonner »[1]

L’efficacité du J3F est liée au fait que les trois dimensions complémentaires de la symbolisation y sont engagées :

  • les enfants sont d’abord invités à imaginer une situation, c’est-à-dire à pratiquer la symbolisation imagée.
  • Puis ils sont invités à mettre des mots sur les diverses situations qui participent à l’histoire qu’ils construisent, et cela stimule chez eux la capacité de symbolisation verbale.
  • Enfin, le jeu théâtral mobilise chez eux la capacité de symbolisation à travers des mimiques, et des gestes qui traduisent des émotions, c’est-à-dire la symbolisation sensorimotrice.

« Et pour réaliser ce triple objectif, le J3F mobilise des éléments à la fois cognitifs, relationnels et affectifs. Les premiers sont plus particulièrement mis en jeu lors de la phase préalable de construction de l’histoire. Les seconds sont facilités par l’existence d’un meneur de jeu (l’enseignant) qui aide à la construction du scénario, introduit des relances pour stimuler les participants, et garantie l’existence d’un cadre sécurisant. Enfin, l’engagement émotionnel des participants est permanent, depuis le moment « d’échauffement » où ils sont invités à mimer des émotions, jusqu’au moment où ils sont invités à nommer celles qu’ils ont éprouvées »[2].

                                                                                                      Karim KHERBOUCHE

[1] Serge Tisseron, op. cit., p. 22

[2] Serge Tisseron, op. cit., p. 17

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