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Le français, langue parlée en France métropolitaine, dans les départements français d’outre-mer, au Canada, dans certains pays d’ Europe comme la Belgique et la Suisse, ainsi que dans un certain nombre de pays d’Afrique et d’Asie.

Le français, comme l’espagnol, l’italien, le portugais ou le roumain, est une langue romane. Les langues romanes ont pour ancêtre commun le latin, ce qui explique leurs ressemblances syntaxiques, morphologiques et lexicales.

CONSTITUTION DU LEXIQUE

1- Héritages latin et grec

Le fonds lexical français est constitué de mots hérités du latin (père < pater ; mère < mater ; homme < homo ; maison < mansionem ; hier < heri ; mais < magis ; espace < spacium ; venir < venire). La plupart de ces mots ont subi une série de transformations phonétiques dans le cadre d’une évolution dite « populaire » par laquelle s’explique le passage progressif de la forme du latin classique à celle du français moderne. Ces mots issus du latin sont des mots hérités, par opposition à ceux qui ont été empruntés. Une partie du lexique français est, en effet, constituée d’emprunts directs au latin à des périodes diverses. C’est d’ailleurs ce phénomène de l’emprunt qui a donné naissance aux doublets, c’est-à-dire à des couples de mots provenant du même mot latin, mais dont l’un a subi des modifications au cours de l’évolution populaire depuis la période du latin vulgaire jusqu’à la période moderne, cependant que l’autre est emprunté (hôtel, du bas latin hospitale, et hôpital, du latin hospitalis ; frêle et fragile du latin fragilem).

Des mots grecs ont également été empruntés par l’intermédiaire du latin (philosophie, du latin philosophia, qui est lui-même un emprunt du latin au grec ; huître, du latin ostrea, qui lui-même venait du grec ; paradis, du latin ecclésiastique paradisus, du grec paradeisos). Un très petit nombre d’expressions françaises sont des expressions latines reprises telles quelles (a priori, a fortiori).

Les préfixes et les suffixes entrant dans la formation des mots français sont soit des formes dérivées de préfixes et de suffixes latins (prae > pré ; -ica > -ique), soit des formes directement empruntées au latin ou au grec, les affixes grecs ayant fréquemment servi à la formation de mots savants (dermo-, hydro-). Quelques mots viennent du grec (aristocratie, oligarchie) et les mots faisant partie du vocabulaire scientifique, quand ils ne viennent pas directement d’un mot grec (dialyse, de dialusis), sont des composés modernes formés à l’aide d’affixes grecs (isotherme, de iso- et -thermos; isomorphe de iso- et -morphê ; xénophobe, de xeno- et -phobos).

2- Modifications médiévales

Le français a emprunté des mots à toutes les époques de son histoire et, quelle que soit leur origine, ces mots se sont transformés en fonction des grandes mutations phonétiques qui ont eu lieu pendant toute la période prémédiévale et médiévale. Quelques noms d’arbres ou de plantes viennent du gaulois (bouleau, chêne, bruyère), et une série de termes souvent liés soit à la vie militaire, soit à la vie rurale sont d’origine germanique (guerre, garde, guetter, housse, fourbir, écume, blé, cresson, gerbe, grappe, jardin, houx). Certains mots viennent de variantes dialectales anciennes du français, comme hirondelle, du provençal irondela, du latin hirundo, qui a remplacé dans ce sens l’ancien français arondelle, qui n’existe plus que sous la forme du terme technique aronde. Savate vient d’un mot picard du XIIe siècle.

3- Emprunts modernes

Les emprunts modernes concernent l’anglais, l’italien, l’espagnol et, dans une moindre part, l’arabe et l’allemand. Pour ce qui est de l’anglais, les emprunts anciens sont assez rares (wagon, redingote) et bien intégrés au lexique, alors que les emprunts modernes, qui concernent des mots de la langue courante (week-end, camera, brushing) et, tout particulièrement, le lexique du sport ainsi que des lexiques spécialisés du monde du travail (tennis, golf, club, green, squash, winch, marketing, walkman, discount, leader, briefing, manager), sont bien plus nombreux.

Pour ce qui est de l’italien, les emprunts sont présents sous la forme de mots très reconnaissables parce que liés à des éléments typiques de la culture italienne, notamment de son art culinaire (spaghetti, sabayon, pizza) ou au vocabulaire de la musique (aria, solo, sonate, quintette, adagio, allegro, andante). Mais des mots moins aisément identifiables, parce que la date de leur emprunt est plus ancienne et qu’ils ont subi des transformations, proviennent également de l’italien (artichaut, de l’italien carciofo ; escrime, balcon, violon, vedette, concert).

On mentionnera aussi un petit nombre de mots venant de l’espagnol (vanille, escadrille, camériste, duègne, sabir). Les mots anciennement empruntés à l’arabe sont des mots du vocabulaire scientifique souvent latinisés au cours de la période médiévale (algorythme, algèbre, chiffre, zéro, zénith) alors que, parmi ceux empruntés plus récemment, figurent quelques termes argotiques (clebs, toubib, nouba). Les mots empruntés à l’allemand sont peu nombreux (valse, lied, vampire, choucroute, vasistas).

3- MORPHOLOGIE

Une partie importante des mots du français est formée par préfixation et par suffixation. Les suffixes flexionnels, par exemple les désinences verbales, ne créent pas de mots nouveaux. Un certain nombre de préfixes sont dits « dérivationnels » parce qu’ils permettent de créer par dérivation des mots nouveaux (possible > impossible ; vraisemblable > invraisemblable ; tourner > retourner, détourner, contourner) appartenant à la même catégorie grammaticale. Les suffixes dérivationnels, en revanche, ont pour effet de créer des mots qui ne font pas partie de la même catégorie grammaticale (grand > grand-eur ; frais > fraîch-eur ; vrai > vrai-ment ; précis > précisé-ment ; violent > violem-ment ; prune > prun-ier). Une formation par préfixation et par suffixation à la fois est possible (sang > en-sanglant-er ; soleil > en-soleill-er).

Un autre mode de formation est la composition qui réunit dans une même entité lexicale, appelée mot composé, deux mots qui, par ailleurs, existent de façon autonome dans le lexique du français (perce-neige, homme-grenouille, longue-vue, avant-garde). Bien que n’étant pas reliés par un trait d’union, lequel n’est pas une marque suffisante, des composés comme coup dur, pois de senteur, chambre à coucher, poisson d’avril, n’en sont pas moins des unités lexicales à part entière, dont la signification ne se réduit pas à la somme des significations de chacun de leurs composants. Un des critères de la composition est l’impossibilité d’insérer un élément supplémentaire. Les mots peuvent aussi être formés par dérivation impropre, c’est-à-dire par transfert sans modification d’une catégorie syntaxique à une autre (dîner > un dîner ; souper > un souper). Voir aussi morphologie et néologie.

4- ORTHOGRAPHE

L’orthographe du français est généralement décrite comme complexe, dans la mesure où il n’y a pas de correspondance stricte entre l’oral et l’écrit. Des mots homophones, indistincts à l’oral, peuvent avoir des orthographes entièrement différentes (signe et cygne ; mais, mets et mes ; sous et saoul ; laid et les ; verre et vers ; raisonner et résonner). Des unités lexicales homophones peuvent par ailleurs appartenir à des catégories grammaticales différentes (vers — préposition — et verre — substantif — ; mets — forme conjuguée du verbe mettre — et mets — substantif —, mais — conjonction de coordination — et mes — adjectif possessif). Des formes différentes, même sur le plan syntaxique, peuvent se prononcer de la même façon (ils s’aiment et il sème ; elle la tend et elle l’attend).

Il n’existe que peu de cas dans lesquels un phonème est invariablement retranscrit par la même lettre. Un phonème peut être marqué par plusieurs lettres (g s’écrit gu) et, à l’inverse, une lettre peut servir à retranscrire deux phonèmes, comme x, qui correspond à ks dans sexe et à gz dans xénophobe.

Il existe en outre, en français, des lettres qui ne correspondent à la retranscription d’aucun phonème. Dans tous les mots du lexique, il existe des lettres muettes, dont une grande partie sont des lettres étymologiques (temps, long) et qui se sont conservées dans les mots, ou qui ont été rajoutées par des auteurs avant la normalisation de l’orthographe dans un souci d’exactitude étymologique. Voir aussi orthographe.

5- HISTORIQUE

La langue française est issue d’une forme dite « latin vulgaire ou bas-latin » qui est une altération du latin classique. Dans le latin classique, dès le Ier siècle av. J.-C., il existait un décalage entre la langue écrite et celle parlée par le peuple. Un phénomène d’ordre phonétique, comme l’amuïssement du n (qui devient muet) et sa disparition devant -s dans des mots comme co(n)sul ou ma(n)sionem, avait déjà eu lieu. Le latin, langue des conquérants d’une bonne partie de l’Europe et de tout le pourtour de la Méditerranée, a été parlé dans tout l’Empire romain, par des populations très diverses, gauloises, ibériques ou celtiques. Il ne reste que très peu de traces des langues parlées en Gaule à l’époque de la conquête romaine, et qui sont des langues celtiques.

1- Le roman

Pendant toute la période comprise entre la conquête romaine et le règne des Carolingiens, la langue parlée sur le territoire gaulois était une forme altérée du latin. Les documents écrits que l’on possède sur cette période sont, d’une part, un texte politique datant de 842, le texte des Serments de Strasbourg, prononcés par les petits-fils de Charlemagne lors du partage de l’empire et, d’autre part, un document religieux, connu sous le nom de Cantilène de sainte Eulalie, écrit aux environs de l’an 900. La nouvelle langue populaire reflétée par ces deux textes est une langue hybride, à laquelle on donnera le nom de roman.

Par rapport au bas-latin, un certain nombre d’évolutions s’étaient produites sur le plan de la prononciation et, tout particulièrement, en ce qui concerne les mots les plus courants. Ces altérations ont été décrites par la phonétique historique. Elles consistent en une transformation de phonèmes en d’autres phonèmes sous l’effet de divers facteurs. Ces transformations sont par exemple, au Ve siècle, l’effacement des voyelles prétoniques (cerebella > cervelle ; computare > compter) ; au VIe siècle, la diphtongaison du [e] (me > mei — qui par la suite devient moi) ; au VIIIe siècle, l’effacement des voyelles en position de finale absolue (muru > mur) ainsi que la transformation des voyelles finales en e muets (causa > chose). Pour ce qui est des consonnes, les modifications sont dues à des phénomènes de relâchement articulatoire (expliquant, par exemple, la disparition de [g] dans ruga > rue)

2- L’ancien français

L’ancien français avait conservé des traces du système des déclinaisons latines, progressivement ruiné par l’évolution phonétique. Dans le cas, par exemple, d’une forme d’accusatif en -em, la disparition de la consonne finale rendait cette forme indiscernable d’une forme d’ablatif en -e, et ce dès le Ier siècle. Pour qu’une forme puisse être identifiée comme un ablatif, il était devenu nécessaire, dès cette époque, de la faire précéder d’une préposition indiquant clairement qu’il ne s’agissait pas d’une forme d’accusatif, mais bel et bien d’un ablatif.

L’ancien français utilisait un système de déclinaisons, masculine et féminine, à deux cas, un cas dit « sujet » et un cas dit « régime », ce qui représentait un système très simplifié par rapport au latin, mais cette déclinaison a également peu à peu disparu pour laisser place à une langue dans laquelle ce sont l’ordre des mots et les prépositions qui indiquent la fonction des groupes syntagmatiques. Par ailleurs, pendant la période de l’ancien français, l’ensemble des mots hérités se doubla des emprunts faits au latin tel que le latin ecclésiastique l’avait conservé, d’emprunts aux autres dialectes romans parlés en France, le picard et le normand, ainsi qu’aux langues germaniques. C’est cette langue, dite langue d’oïl, par opposition à la langue d’oc parlée dans les régions situées au sud de la Loire et qui a également été d’une grande richesse littéraire, que reflète la littérature des XIIe et XIIIe siècles. La langue d’oïl est également celle qu’imposa le pouvoir royal dans sa volonté d’unification politique et administrative.

3- Le moyen français

La période dite du moyen français, qui correspond aux XIVe et XVe siècles, vit l’expansion du français central, au détriment des autres dialectes de la langue d’oïl, le picard et le normand. C’est également à cette époque que se confirma la disparition définitive du système de la déclinaison à deux cas, cette disparition ayant pour conséquence syntaxique le développement du système des prépositions et des déterminants, ainsi que l’établissement d’un ordre fixe des constituants de la phrase. Cette période fut aussi une époque où les lettrés s’efforcèrent, par le biais de l’introduction de mots latins, de relatiniser le français en remplaçant ainsi un certain nombre de mots hérités par la voie de l’évolution populaire.

4- Le français de la renaissance

Au XVIe siècle, avec le développement de l’imprimerie inventée un siècle auparavant, et la renaissance de l’intérêt pour les textes antiques que l’on traduisait, et que l’on diffusait, se posa le problème de l’harmonisation de l’orthographe. Cette harmonisation fut d’autant plus problématique que les imprimeurs avaient réintroduit un certain nombre de lettres étymologiques, comme le p de compter, censé rappeler son origine latine computare.

Paradoxalement, c’est à un moment où l’on se souciait de sa relatinisation que le français gagna ses lettres de noblesse et fut illustré par les poètes de la Pléiade. Constitué autour de Ronsard et du collège de Coqueret, ce groupe réunit Jean Antoine de Baïf, Étienne Jodelet, Pontus de Tyard et surtout Joachim Du Bellay, auteur de Défense et Illustration de la langue française. Ce manifeste, publié en 1549, avait pour but d’enrichir et de perfectionner la langue française — son lexique et sa syntaxe notamment — afin de soutenir sa défense contre l’usage du latin comme langue littéraire et ainsi de promouvoir une littérature en français capable de rivaliser avec ses modèles latins et grecs.

5- Du français classique au français moderne

 

 

Au XVIIe siècle, pendant la période dite « classique », la grammaire française officielle fut normalisée sur le modèle de la langue parlée à la cour de Louis XIV. En 1647, le grammairien Vaugelas publia des Remarques sur la langue française qui affirmaient la primauté de l’usage, c’est-à-dire d’une norme collective correspondant au « bon usage » de la langue, inspirée par l’idéal opposé au pédantisme, qui trouvait aussi son expression dans la figure de l’honnête homme. L’orthographe commença à être fixée, et conserva, pour l’essentiel, les enjolivements étymologiques apportés au cours des siècles précédents. L’Académie française publia en 1694 un dictionnaire qui prescrivait le bon usage. En 1691, celui de Furetière avait accueilli un plus grand nombre de mots à la fois scientifiques et populaires. Au XVIIIe siècle, l’orthographe fut fixée de façon plus définitive. La prononciation du e ouvert, graphiée ai, s’imposa dans les désinences des formes verbales (chantais), mais non définitivement puisque certains auteurs l’écrivaient encore oi (chantois). La prononciation wa commença à se généraliser au détriment de la prononciation dans des mots comme roi, moi.

Au XIXe siècle, l’orthographe était normalisée, et ce sont les écrivains, les romantiques d’abord, et leur goût pour le Moyen Âge, puis des romanciers comme Balzac ou Barbey d’Aurevilly, qui manifestèrent de l’intérêt pour le pittoresque des parlers paysans, pour les patois. Victor Hugo a écrit sur l’argot, et mis en scène des personnages parlant cette langue de la rue. Au début du XXe siècle, le français tel qu’on l’enseigne dans les écoles avait évincé les patois, qui disparurent peu à peu, mais les parlers régionaux du sud et de l’est de la France se maintinrent. L’histoire du français consiste en cette progressive normalisation. On s’est récemment inquiété, à des niveaux divers, individuels ou institutionnels, de la menace éventuelle que constituerait pour le français une anglicisation du lexique, ou du moins, le phénomène massif de l’entrée de mots anglais dans la langue. Des recommandations officielles ont préconisé l’emploi de certains termes formés à partir de bases françaises et qui sont des néologismes destinés à remplacer des mots anglais. Certains, comme logiciel, progiciel, etc., ont effectivement joué ce rôle, mais, dans l’ensemble, les préconisations n’ont pas toujours été adoptées (baladeur pour walkman ; stylique pour design, etc.).

6- AUTRES LANGUES PARLÉES EN France

Il existe en France un certain nombre de régions dans lesquelles les locuteurs parlent une autre langue que le français, parfois exclusivement, mais le plus souvent en même temps que le français. Quelques-uns des parlers régionaux du territoire français sont des langues non romanes. Il s’agit du breton, qui est une langue celtique, de l’alsacien, proche des dialectes germaniques et qu’un million de personnes parlent, et du flamand, qui est différent des formes de flamand parlé en Belgique et qui concerne un petit nombre de locuteurs. Le basque, une langue non-indo-européenne sur l’origine de laquelle on s’interroge encore, est parlé des deux côtés de la frontière franco-espagnole. Les langues romanes parlées en France par un petit nombre de locuteurs sont les dialectes d’oïl, ceux d’Occitanie et de la région franco-provençale, le catalan, également parlé en Espagne et le corse, proche de l’italien. Voir langues régionales.

7- DIVERSITÉ DES FRANÇAIS PARLÉS

Si l’histoire du français est l’histoire de sa diffusion (contre les dialectes en France, à côté ou au-dessus des langues locales dans les colonies) et de sa normalisation progressive (bon usage qui condamnait les régionalismes), il n’en reste pas moins que l’on peut parler de la langue française au pluriel : face au français écrit ou au français parlé, cultivé, véhiculé par les médias et de plus en plus homogène dans l’ensemble des pays francophones, se parlent des français divers selon les divisions sociales ou géographiques. Le phénomène actuel de la « langue des banlieues » en France peut servir d’exemple récent pour illustrer cette force de diversification qui travaille la langue.

1- L’accent

Différents traits caractérisent encore les français régionaux. Ce qu’on appelle l’accent est le plus sensible. Sous ce nom, on groupe les variations de prononciation et les variations mélodiques (accent de phrase).

Certaines de ses variations n’affectent pas le système phonologique du français standard : accents de phrase franco-provençal (Savoie, Lyonnais, Suisse romande) ou québécois, jeu de différences de hauteur dans les français d’Afrique là où se parlent aussi des langues à « tons » (mélodie qui n’existe pas, en revanche, dans le français des Antilles), variation de la prononciation du r, aperture plus ou moins grande et allongement plus ou moins long des voyelles, etc.

D’autres le modifient marginalement : prononciation plus ou moins complète du e caduc, neutralisation de l’opposition d’aperture des voyelles (le sud de la France et l’extrême nord ouvrent le o et le é en syllabe fermée et les ferment en syllabe ouverte, l’opposition d’aperture n’a plus de valeur phonologique : côte prononcé comme botte).

Certains accents régionaux conservent, au contraire, des oppositions qui disparaissent ou ont disparu de la langue standard : conservation du l mouillé dans un mot comme paille, conservation de l’opposition entre le son qui conclut le mot parfum et celui qui conclut le mot lapin, enregistrée par les dictionnaires mais rarement réalisée dans le français parisien, etc.

2- Le vocabulaire

Les particularismes concernent aussi le vocabulaire. Ils résultent soit de la spécificité des institutions nationales (lycée, gymnase ou athénée selon le pays), soit de mots hérités des anciens dialectes (la fête patronale s’appelle ducasse en français picardo-wallon, vogue dans la région franco-provençal, voto en Occitanie, etc.), soit de l’influence de langues en contact (au Québec, anglicisme comme pinottes fait sur peanuts ; calque comme pouvoir pris au sens de power, « courant électrique »).

C’est dans le lexique du quotidien que les variantes lexicales régionales sont les plus nombreuses : il y a des régions où l’on touille la salade, d’autres où on la brasse, où on la tourne, où on la retourne. Ici la serpillière s’appelle wassingue (Nord), ailleurs patte (Bourgogne du Sud), cinse (Sud-Ouest), panosse (Suisse), faubert ou lave-pont (Bretagne). En France, on monte au grenier, en Suisse dans le galetas. Le français des anciennes colonies intègre des termes administratifs ou militaires dans la langue courante. Certains particularismes lexicaux sont ou seront versés au domaine commun : le kouglof alsacien, le matefaim franco-provençal (déjà dans Rabelais, pas encore dans tous les dictionnaires), le fada provençal, la tchatche algérienne, etc. rejoignent les mille deux cents mots dialectaux depuis longtemps passés dans le français (avalanche, cambrioler, casserole, crétin, flaque, gai, etc.).

En ce qui concerne la grammaire, les particularismes sont limités et souvent combattus par les puristes : propositions infinitives prépositionnelles du type voilà de l’argent pour toi aller chercher le vin (nord et est de la France), datif éthique expressif du type se le manger (Midi), etc.

La littérature a parfois exploité le charme de ces particularismes : en témoignent les nombreux romans régionalistes français (George Sand, Alphonse Daudet, Pierre Loti, Eugène Le Roy, René Bazin, etc.), antillais ou québécois.

8- LOCUTEURS

La situation du français parlé hors de France est très diverse. Pour ce qui est de l’Europe tout d’abord, le français est parlé dans une partie de la Belgique et en Suisse romande, par des locuteurs généralement bilingues, mais dont le français est le plus souvent la langue maternelle. Dans un autre État européen, le Luxembourg, le français est, avec l’allemand, l’une des langues complémentaires. En dehors de la France, près de 10 millions d’Européens parlent français. Hors d’Europe, le français est la langue maternelle et la langue officielle au Québec, et il y joue un rôle identitaire très fort. D’autres communautés francophones existent en Amérique, en Louisiane, par exemple. Si l’on inclut les Antilles, environ 10 millions d’Américains sont francophones.

Dans les autres pays du monde, le français résulte de la colonisation, et il est actuellement en recul dans tous les pays anciennement colonisés qui ont conquis leur indépendance. Il y a 15 millions de francophones en Afrique du Nord et au Proche-Orient, 7 millions en Afrique noire, 4 millions en Asie et en Océanie.

Au Maghreb et en Afrique noire, le français a eu, pendant la colonisation, une présence institutionnelle et administrative. En Nouvelle-Calédonie et en Afrique, face à des langues souvent orales, il a pu jouer un rôle de langue véhiculaire. La situation du français dans ces pays n’a évidemment rien à voir avec celle du Canada. Au Proche-Orient, en Syrie et au Liban, le français cède la place à l’arabe et à l’anglais, même s’il conserve une importance culturelle pour le Liban chrétien. En Asie, au Laos, au Viêt Nam et au Cambodge, le français s’efface également devant l’anglais, mais n’en conserve pas moins une influence d’ordre culturel.

Dans l’océan Indien et aux Antilles, le français est l’une des deux langues parlées par des locuteurs en situation de diglossie, c’est-à-dire qu’ils emploient deux langues, mais celles-ci sont hiérarchisées. La première langue est le créole, qui est une langue transmise en tant que langue maternelle stable. Le français est présent en tant que langue administrative. La notion de francophonie est donc une notion complexe, en ce sens que, si elle traduit bien le fait que le français est parlé sur tous les continents, elle recouvre des réalités bien différentes.

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