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enfant-triste-1.jpgAborder le thème de la mort avec un enfant de 6 à 10 ans, ce n’est ni plus ni moins difficile qu’avec un tout petit. C’est juste différent... L’enfant n’est pas encore un « grand » mais il a déjà besoin de plus d’informations. Que ce soit avec le support d’un livre ou en l’aidant à rédiger une lettre, il est essentiel de communiquer avec lui. Catherine Héry, psychologue clinicienne au CHU de Nantes, nous ouvre quelques pistes pour trouver réponse à ses nombreuses questions. Et pour le soutenir.

A partir de 6 ou 7 ans, lorsqu’un enfant est confronté à la mort d’un proche il est en mesure de comprendre les événements. Mais un adulte devra encore lui apporter des explications. « Où est-il ? Pourquoi est-il mort ? ». Les questions sont nombreuses. Les réponses difficiles. « A cet âge, ils peuvent entendre que la mort fait partie de la vie », explique Catherine Héry. « Prenez pour cela des exemples dans la nature, pour expliquer son fonctionnement. La vie d’une plante qui bourgeonne, fleurit puis meurt est facile à visualiser ».

Ces démonstrations n’expliquent pas pour autant le ‘pourquoi’ de la mort. Alors les enfants, qui ne peuvent concevoir qu’on meure sans raison, s’inventent souvent des histoires. « Un petit garçon dont la sœur était morte à la naissance, m’a assuré qu’elle avait avalé une arête de poisson. Ce qui expliquait son décès » raconte notre psychologue. Ces « idées fausses » posent-elles un problème ? Non. « Laissez-les exprimer leur imagination. Elle est une aide précieuse dans le deuil ».

Les livres et l’écriture

A partir de 6 ans, les enfants commencent à lire et à écrire. « Les parents peuvent donc se servir de livres adaptés pour expliquer et permettre à l’enfant de s’exprimer plus facilement. ‘Au revoir blaireau’ de Susan Varley et ‘Grand père est mort’ dans la série ‘Max et Lili’, sont des ouvrages bien conçus. Dans ‘Grand père est mort’, des questions sont posées directement aux enfants. L’adulte qui lit avec le petit pourra ainsi les utiliser comme support », explique Catherine Héry qui est elle-même, l’auteur d’un ‘Cahier de Vie’ à remplir avec l’enfant. « Nous l’avons conçu comme un outil d’accompagnement des plus jeunes dans leur cheminement vers une meilleure compréhension de l’événement », explique-t-elle.

La peur de mourir

S’il n’est pas facile d’expliquer la mort d’une personne âgée, le décès d’un jeune ou d’un enfant est encore plus difficile à aborder. « L’enfant peut avoir une réaction de grande peur à l’idée que lui-même pourrait disparaître. Il est important de l’accompagner dans sa peine », insiste Catherine Héry. Surtout pour éviter « une dépression réactionnelle qui se manifesterait entre autres, par une attitude de mutisme, une perte d’appétit et de sommeil ».

Cette question se pose lors du décès d’un camarade de classe, par exemple. « A l’école primaire, les enfants s’identifient très fortement à leurs amis. Leur mort représente un coup terrible ». L’enfant peut alors présenter « le trouble du survivant. Il se demandera pourquoi, lui, est encore là ». Le dialogue reste l’outil le plus important pour l’aider à surmonter son deuil. « Rappelez-lui que son ami disparu sera toujours présent dans son cœur et ses souvenirs, et qu’il pourra y penser quand il voudra », suggère la psychologue.

 

Source : Interview de Catherine Héry, psychologue clinicienne, auteur avec Gwenaëlle Thoumine duCahier de Vie, Editions Siloë, 35 pages, 20 euros, 28 janvier 2011
Tag(s) : #Psychologie

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