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jeunefillearrteDepuis plus de deux mois, le mouvement étudiant autonome algérien est en grève nationale et lutte pour une université publique et performante, pour la démocratisation de la gestion de l’université.

Il faut rappeler que le facteur déclenchant de ce vaste  mouvement national de protestation des étudiants (le plus important depuis l’année 1987) a été la publication du décret 10-315 du 13 décembre  2010 fixant la grille indiciaire des traitements et le régime de rémunération des fonctionnaires. Le décret 10-315 du 13 décembre 2010 a dévalorisé les diplômes d’ingénieur d’Etat et de Magistère, ces deux diplômes qui ont permis de jeter les bases de l’édification de l’université et de l’économie nationale de notre pays dans les années 1970 et 1980.
Le décret 10-315 du 13 décembre 2010 a été abrogé le 23 février 2011 par le Conseil des ministres, mais la crise de l’université algérienne demeure.
Ce mouvement national des étudiants est une expression sociale et politique de la jeunesse algérienne pour une Algérie démocratique et sociale. Il est l’antidote à la fatalité de l’émeute comme mode d’expression politique et sociale depuis une dizaine années.
Le mardi 12 avril 2011, la Coordination nationale autonome des étudiants qui regroupe une majorité des établissements universitaires du pays a réussi à organiser une imposante marche à Alger autour de ses revendications socio-pédagogiques et démocratiques, démontrant ainsi tout à la fois sa représentativité et sa capacité à défendre le droit de manifester à Alger. Grâce à sa lutte et à sa détermination exemplaires, la Coordination nationale autonome des étudiants a contribué à rendre effective l’idée qu’une autre université algérienne est possible.
Nous  universitaires algériens, signataires de cette déclaration :


- Saluons la lutte du mouvement étudiant autonome pour la défense de ses revendications socio-pédagogiques et pour une gestion démocratique de l’université algérienne.
- Dénonçons la répression brutale par les forces de police de la marche pacifique organisée à Alger le mardi 12 avril 2011 par les étudiants à l’appel de leur Coordination nationale autonome.
- Souhaitons un prompt rétablissement aux étudiants blessés lors de la marche.
- Appelons les pouvoirs publics à ouvrir les négociations avec les représentants légitimes des étudiants pour la prise en charge immédiate de leurs revendications socio-pédagogiques.
- Considérons que le système des équivalences tel qu’imaginé par le décret 10-315 du 13 décembre 2010 s’est fait sans aucune concertation avec les  principaux intéressés au sort de l’université. Il ouvrait la voie à un nivellement par le bas des diplômes et était, à ce titre, totalement injuste et injustifiable.
- Rappelons que le souci majeur des enseignants universitaires est de faire de l’université algérienne, une université publique, ouverte et performante, et que cela ne peut se concrétiser que par l’élection de tous les responsables académiques et la transparence dans la gestion de l’université.

Alger, le 12 avril 2011

 

Liste des signataires     

-1. AISSAT Kamel    
-2. AFALFIZ Abdelhafid, enseignant chercheur,     université Houari Boumediene (USTHB)
-3. AIT YAHIA Mohand Ouali,    maître de conférences, Biologie université Mameri de Tizi Ouzou
-4. BAALI CHERIF Djamel, enseignant universitaire et délégué syndical CN/CNES (SESS), ENSA (ex-INA)
El Harrach
-5. BENSAAD Ali,maître de conférences, géographe centre Jacques Berque, Rabat/université de Provence
-6. BENSEDDIK Nacera, historienne du Maghreb ancien, archéologue ESBA Alger
-7. BENYOUCEF Farid, chargé de cours, Economie    Université d’Alger-Dely Ibrahim
8. BOUFENIK Fatma, enseignante chercheur, sciences économiques, université d’Oran
9. BOUFROURA Smaïl, maître de conférences, faculté des sciences politiques et relations internationales    université d’Alger Dely Ibrahim
10. BOURENANE Naceur, enseignant-chercheur sociologie à la retraite    
11. CHERBAL Farid,    maître de conférences, biologie  université Houari Boumediene (USTHB)
12. DAHMANI Saïd,     maître de conférences, histoire du Moyen-Age algérien et archéologie Annaba
13. DELLAÏ Ahmed-Amine, chercheur en anthropologie culturelle    CRASC, Oran
14. DJERBAL Daho, maître de conférences, histoire université d’Alger-Bouzaréah
15. FERHAT Nadjib,    directeur de recherches préhistoire géomorphologie CNRPAH, Alger
16. HAKIKI Fouad, docteur d’Etat en sciences économiques CNAM, Paris
17. HEMINNA Amar,     professeur de mathématiques université Houari Boumediene (USTHB)
18. KHELLADI Abdelkader, professeur, directeur de recherche en mathématiques université Houari Boumediene (USTHB)
19. MOULAI Hocine, maître de conférences université Houari Boumediène (USTHB)
20. OUSSEDIK Fatma, professeur de sociologie université d’Alger, Bouzaréah
21. ROUADJIA Ahmad, maître de conférences, sociologie politique    Université de Msila
22. TALEB-IBRAHIMI Khaoula,    professeure en sciences du langage    université d’Alger, Bouzaréah
 

Tag(s) : #Langue française

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