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ecrire-enfant.jpgL’enseignement de l’écriture et de la lecture vont de pair, ils sont complémentaires. Nous choisirons sans aucune hésitation la méthode alphabétique parce que nous avons une langue alphabétique, que l’unité de traitement de notre langue est la lettre et non le mot. Pourtant plutôt que « méthode alphabétique » nous dirons méthode « Ecriture Lecture » car l’élève apprend à lire en apprenant à écrire.

Il est très important de bien installer les élèves. On doit éviter qu’ils ne soient face à face pour écrire sur des tables rondes ou groupées. Au contraire il faut à tout prix les asseoir face au tableau. Leur donner les repères gauche-droite, haut-bas, vertical-horizontal.

En maternelle, il semble que le crayon de bois, gras, soit le meilleur outil pour l’écriture. La tendresse de la mine permet aux élèves d’écrire avec plus de facilité, de faire varier l’épaisseur du trait sans trop appuyer.

Les élèves ne doivent écrire qu’en cursive, cette écriture sera préparée par de nombreux exercices graphiques : boucles, vagues et autres graphismes assoupliront son geste jusqu’à ce qu’il soit capable d’écrire les lettres.

Au cours de la leçon d’écriture les élèves écrivent les lettres, les syllabes ou des mots étudiés pendant la leçon de lecture. Insistons bien : c’est en écrivant qu’on apprend à lire. Il est intéressant de donner à nos élèves l’envie de bien calligraphier – l’habitude de bien former la lettre avec pleins et déliés. L’écriture est une chorégraphie de la main, le délié rappelle l’inspiration et le plein, l’expiration.

Il faut du temps pour bien apprendre à écrire. A une époque où la notion de temps est complètement bafouée, il est nécessaire de bien enseigner cet art qui demande tant de patience et de maîtrise de soi.

Le maître propose les modèles d’écriture dans la marge, de préférence les modèles seront écrits par le maître. Il est vrai que la formation à cette écriture n’étant plus assurée, cela est difficile pour les jeunes maîtres. L’élève s’applique à les reproduire de nombreuses fois en respectant le mieux possible tous les détails. Il est indispensable de décrire étape par étape la formation des lettres avec un vocabulaire imagé comme par exemple : le rond, la grande boucle avec un dos bien droit, vertical pour le L, une petite canne à droite du rond bien verticale pour faire le A, la barre oblique du S puis son « petit derrière » bien installé sur la ligne …tout cela dans le chemin etc… ce langage permet à l’élève d’assimiler des repères, d’affiner sa vision. En effet, le jeune élève n’a pas encore conscience des détails et pour lui les notions de verticale ou d’horizontale, d’oblique, de gauche ou droite dans des espaces aussi restreints que les interlignes ne doivent pas être aussi facilement acquises. L’élève pourra ainsi grâce à cette évocation imagée, assimiler les éléments de la lettre.

Au cours préparatoire, l’élève peut s’initier à l’écriture avec une plume sergent major sur feuille libre pour apprendre la calligraphie des lettres. La plume sergent major permet d’effectuer les pleins et déliés L’écriture à la plume impose à l’élève une tenue correcte car sans ce maintien l’écriture n’est pas possible, les pleins et déliés ne sont possibles que si la pression sur la plume est exercée de façon correcte avec une grande précision.

Il est difficile d’envisager l’écriture à la plume toute la journée surtout dans les classes d’élèves plus âgés qui n’ont pas appris l’usage de la plume. Pourtant, ces séances de calligraphie à la plume, au rythme de dix minutes par jour, ne permettraient-elles pas, pour certains élèves qui ont de gros problèmes d’écriture, une efficace correction ? Les gauchers , étant obligés de tenir très correctement la plume sous la ligne d’écriture pour éviter les traînées d’encre, ne prennent-ils pas conscience de leur maintien ? L’ usage de la plume doit être enseigné dès le CP pour qu’il puisse devenir courant. Comme je le dis toujours, si je sais écrire correctement les modèles d’écriture et notamment à la plume c’est parce que j’ai appris à écrire à la plume dans ma plus tendre enfance.

Comme la musique, la danse, l’écriture à la plume s’apprend très jeune. Il ne faut pas s’étonner de trouver dans d’anciens cahiers d’élèves de si belles pages d’écriture. Elle est souple et c’est la juste pression sur la plume qui donne un beau résultat. Au début, la main du jeune enfant a du mal à exercer cette douce pression mais selon moi, la plume est le bon outil, prolongement de la main, et qui se plie à la volonté de l’utilisateur. Peut-on en dire autant du feutre ou du stylo à bille ? Je n’en suis pas certaine. Depuis que les enfants écrivent au stylo bille, ont-ils une si jolie écriture? Le stylo bille est-il aussi souple que la plume ? Certainement pas.

J’apprécie tout particulièrement la plume, les pleins et déliés mais le stylo plume souple est bien adapté et se rapproche le mieux de la plume sergent major, il a l’avantage de ne pas produire le redoutable pâté !

Françoise Candelier, directrice de l'Ecole des Blancs Mesnil

Tag(s) : #Approche par Compétences

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