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classe 2

Nos apprenants ont des attentes, des angoisses, des motivations, leurs éventuels problèmes familiaux et / ou scolaires, etc. Il est pertinent de les déceler afin de mettre en place un climat de confiance, de compréhension mutuelle et d’affection dans la gestion de la classe.

Pour mieux comprendre nos apprenants, nous devons faire preuve d’empathie, cette faculté intuitive qui consiste à se mettre à la place d’autrui pour comprendre ses sentiments et ses émotions.   

L’enseignant de la langue maternelle -le tamazight dans notre cas- a plus de facilité d’accéder à ce type d’informations compte tenu de la facilité qu’ont les apprenants à parler naturellement de leurs sentiments dans leur langue de tous les jours. Je comprends toutefois les enseignants du berbère qui soulèvent le problème de surcharge des classes, du nombre important de divisions qu’ils ont à leur charge, des problèmes inhérents à leur situation socioprofessionnelle, de la faillite du système éducatif en Algérie… mais le mot impossible doit être banni de la pensée d’un enseignant qui exerce ce noble métier avec conviction et qui se dit toujours qu’il a son mot à dire.      

Je pense encore à ces élèves qui, lors d’un sondage que j’ai réalisé dans un lycée d’Akbou, en Kabylie, n’ont pas hésité à s’exprimer et à se dévoiler quand je leur ai demandé de se présenter oralement dans la langue de leur choix. La plupart de ces apprenants de 2ème année secondaire commencent par se présenter en français mais dès lors qu’il est question de parler de leurs sentiments, ils le font spontanément en kabyle. Une expression m’est alors venue à l’esprit, celle du grand écrivain poète d’expression française, Jean-Mouhoub Amrouche qui, pour répondre à une question d’un journaliste disait : « Je sais tout faire dans la langue française sauf pleurer, je ne sais le faire que dans ma langue naturelle, le kabyle ».  

Par ailleurs, connaître ses élèves, ce n’est pas seulement connaître leurs soucis, leurs difficultés, les désigner chacun avec son nom… mais c’est aussi connaître et reconnaître leurs qualités, leurs défauts et, bien sûr, leur imposer des limites tout en tenant compte du fait que l’adolescent n’est pas de nature à accepter de se remettre facilement en question et à reconnaître ses failles, ce qui relève de l’estime de soi. Faire preuve d’empathie à leur égard, c’est aussi les aider à se connaître.

L’art d’enseigner réside dans la manière d’enseigner, dans le contact entre l’enseignant et l’enseigné. C’est la sensibilisation avec autrui.

Enfin, l’enseignement ne peut être performant que si l’enseignant lui-même donne l’exemple et qu’il reconnaît humblement ses propres imperfections et ses limites.

Karim Kherbouche

Tag(s) : #Psychopédagogie

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