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Jean-Romain.jpg"Par respect du travail fourni", Jean Romain, professeur de français à la retraite n'a jamais jeté les copies de ses élèves. Des copies qu'il n'avait jamais eu l'occasion de rendre en raison des manifestations de mai 68.
"Après les grèves du mois de mai, je n'ai plus revu les élèves, et je n'y ai plus pensé à la rentrée", explique à l'Est Républicain, cet habitant de Saint-Dié-des-Vosges.
Pourquoi ne pas les avoir rendues dès mai 68 ?
Soucieux de respecter les consignes du Snes (syndicat national des enseignements du second degré) de ne pas rendre les copies, Jean Romain, lui même syndicaliste, a donc conservé les rédactions.
"C'était un moyen de faire pression sur l'administration. À terme, cela aurait rendu impossible la constitution des dossiers et la tenue des examens", explique l'ex-professeur.
Bien que les copies aient été corrigées, Jean Romain a respecté les consignes du syndicat.
Le syndicat n'a pas précisé que les enseignants devaient faire des copies, se souvient l'ex-professeur. En "syndicaliste zélé", il les a donc conservées soigneusement dans un classeur de sa bibliothèque.
43 ans plus tard, les feuilles sont jaunies par le temps mais l'encre est encore bien lisible. On discerne donc le sujet de la dissertation : "décrivez un sentiment violent".
Tout un programme. Pas sûr que les élèves s'en soient tous tirés avec une bonne note, mais Jean Romain assure que les fautes d'orthographes étaient à l'époque bien plus rares.
Pour l'heure, le professeur a retrouvé 8 des 33 élèves de sa classe de 5eme. La tâche n'a pas été trop difficile : la plupart d'entre eux habitent encore Saint-Dié ou ont de la famille là-bas.
Pour les autres, le défi s'annonce plus compliqué. Jean Romain est conscient que ses lacunes en nouvelles technologies ne l'avantagent pas. Pour remédier à cela, il se rend quotidiennement chez une amie pour consulter ses mails. Le retraité attend un signe de ses élèves dont il garde un très bon souvenir.
"J'ai eu des élèves délicieux et je partageais de très bons rapports avec eux", raconte nostalgique le retraité.
Au regard de l'engouement médiatique que suscite l'histoire de Jean Romain, nul doute que d'autres élèves vont se manifester. "Je croule sous les appels de journalistes. J'espère que cela va faire avancer les choses", confie-t-il au Post.

Sources : Le Parisien (payant)L'Est Républicain (payant), Le Post

 

Tag(s) : #Actualité

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