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yesminekarray.jpgEn mai 2008, le premier roman de Yesmine Karray, «Mishmir et la porte du cercle», voit le jour. Il s’agit d’un talent en herbe qui promet. Beaucoup. Et l’éclosion de sa prose fera de l’insigne auteur, le plus jeune des personnages littéraires. Pour un premier essai, ce fut un coup de maître. La toute jeune Yesmine Karray est une égérie toute récente de la littérature francophone. Yesmine, la Tunisienne de seize printemps, est née le 8 février 1995 à Monaco. Cinq mois plus tard, elle regagne avec sa famille son pays, la Tunisie. Très jeune, elle manifeste une personnalité qui sort de l’ordinaire. Elle commence d’ailleurs à écrire vers ses dix ans. Elle s’attelle à l’écriture au rythme de deux à trois romans par an. Mais elle n’achevait aucun de ses écrits. «Mishmir et la porte du cercle», un roman jeunesse, édition Déméter, est le premier qu’elle vient de publier.

Mishmir et la porte du cercleLa jeune romancière tient en haleine le lecteur par un style à la fois sobre, imaginatif et captivant. Malgré ses seize printemps, Yesmine a une imagination débordante. Une imagination où l’innocence le dispute à une sensibilité à fleur de peau. La petite Yesmine s’installe donc sur le piédestal des plus jeunes auteurs de ce siècle… pour faire notre fierté, celle de ses parents et celle de tous les Tunisiens… Son roman détonne. Son talent surprend et fait émerger son intelligence.

Lorsqu’on regarde Yesmine, on ne voit pourtant qu’une jeune fillette encore bien loin de la maturité. Même haute comme trois pommes et l’allure très innocente, il suffit de plonger dans son regard pour y voir les bribes d’un intellect éveillé et un esprit aigu. Elle témoigne d’une vive intelligence. L’intonation de sa voix, ses manières affables, sa politesse et ses qualités d’extrême raffinement reflètent la sensibilité de son âme et lui prédisent un avenir prometteur. Très prometteur.

A 4 ans, elle savait déjà parler le français. Correctement ! A 8 ans, impatiente, elle apprend à lire et à écrire. C’était pour elle une découverte sensationnelle. Elle passait alors des heures à jouer avec les mots et les lettres et se passionnait pour l’histoire.

YasmineA l’école primaire «El Manar II», elle maintenait toujours le cap de l’excellence. Elle réussit sa sixième année brillamment à l’école primaire du «Lac». Etant parmi les lauréats, Yesmine avait toujours le besoin inassouvissable de lire. «J’adore lire et écrire. Le livre a toujours été mon plus fidèle compagnon. Au début, ma mère m’achetait des magazines et des bandes dessinées. Ensuite, je suis passée aux romans. Mais plus je lisais, plus je sentais qu’il y avait en moi une sorte de bouillonnement. J’avais même parfois l’impression qu’une chose me rongeait de l’intérieur au point d’exploser», dit-elle. C’est ainsi que Yesmine a décelé son goût pour l’histoire et son talent pour l’écriture. Sa mère, celle qui lui a enseigné l’amour de la lecture, l’a encouragée vivement et la poussait à aller au bout de son imagination. «Si je dois reconnaissance à quelqu’un ce sera à mes parents. Et surtout à ma mère. Elle m’a toujours poussée. Elle me comprend et m’encourage incessamment», ajoute-t-elle.

«J’ai écrit mon premier vrai essai à 9 ans. Mais je ne suis pas parvenue à terminer mon histoire. Au bout de quelques feuilles, je me lassais et je ne parvenais pas au dénouement», remarque-t-elle. Effectivement, après la lecture de magazines pour enfants, Yesmine devait passer à autre chose : l’écriture ! Mais elle ne parvenait pas à mettre noir sur blanc les idées qui «résonnaient dans son crâne» à l’instar de Mishmir, l’héroïne de son roman. Puis elle se mettait à dévorer la littérature et à lire des romans, des vrais cette fois. «La comtesse de Ségur, c’est elle qui m’a le plus imprégnée. Lorsque je lisais “Les malheurs de Sophie“, je fondais en larmes», ajoute-t-elle.

Sa mère lui transmettait, en plus de l’amour de la lecture et de l’écriture, son goût pour l’art et pour l’histoire. «Tout naturellement, je me passionne pour les cours d’histoire, histoire des idées, etc.», précise-t-elle. En fait lire, écrire et contempler des œuvres artistiques sont devenus pour Yesmine une véritable passion. Chaque livre était pour elle un voyage et elle s’y plongeait avec délice. Son regard s’en abreuvait d’images inoubliables et son âme de sensations précieuses à chaque passage d’un livre. La lecture lui permet de s’évader, de rêver et de se libérer de son corps pour voler haut dans un monde irréel certes, mais incontestablement magique. «Tous mes écrits ont un ton imaginaire. On y ressent un arrière-goût magique. L’imagination se nourrit en lisant. D’ailleurs, si j’ai un conseil à souffler aux jeunes, ce sera de les inciter à lire. La lecture est la nourriture de l’âme et de l’esprit. Et cela me désole tellement que les jeunes ne lisent pas», souligne-t-elle.

Mishmir-et-la-porte-du-cercle-1.gifRégulièrement, elle prend d’indispensables immersions dans le monde de la lecture, où elle se charge d’émotions avant de se retirer dans la quiétude de l’écriture. D’ailleurs, Yesmine pense qu’elle est faite pour écrire. «Certes, lire et écrire sont d’abord pour moi un loisir et un plaisir, mais je crois que je porte cette passion dans les veines. Ce que je voudrais être ? Ecrivain, c’est certain ! Sinon, je risque de rater ma vocation. Nonobstant, les métiers d’archéologue ou de journaliste me passionnent aussi», confie-t-elle.

Le déclic

Plus tard, en un jour pluvieux du mois de décembre, Yesmine se mit à l’œuvre. Cette fois, elle le sentait. Elle a su qu’elle va finalement donner vie à toutes les gestations qui trottaient dans sa tête. Finies les gesticulations puériles. Cette fois, elle le savait, elle allait pouvoir faire naître sa toute première prose littéraire.

12 ans et quelques poussières, rêveuse, perspicace, inspirée et déterminée, Yesmine a créé Mishmir. Cela dura six mois… Sa mère l’a suivi, l’inspiration l’accompagna et son premier roman éclot enfin. Le roman est comme une forme mineure d’épopée. Il exprime le conflit entre les elfes et les sirènes. Un récit où se mêlent aventure, suspense et émotions. Mishmir, une jeune fille de seize ans, ayant une apparence humaine et des origines «elfiennes», doit réussir sa mission de sauver le peuple des elfes blancs… «Lorsque je me mettais à écrire Mishmir et la porte du cercle, je ne savais pas moi-même comment les événements de l’histoire allaient se dérouler. J’ai tissé l’image de mon héroïne dans ma tête en m’inspirant d’une jolie photo de la Vénus de Botticelli. Ensuite, les idées se tissaient sans que je ne fasse d’efforts. Je me laissais faire. Je laissais ma plume guider les idées qui bouillonnaient dans ma tête…Et le roman naquit», conclue-t-elle. Et Yesmine remporte glorieusement le titre de la plus jeune romancière tunisienne en langue française.

Abir CHEMLI

Tag(s) : #Portrait

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