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Sans-titre.JPGEn dépit des profondes transformations politiques et sociales que connut la France suite à la révolution de 1789 et 1799 qui mit fin au régime monarchique et établit la république, l’Eglise catholique ne quitta pas la sphère publique.

Le projet de séparation de la religion de l’Etat et de l’école avait été d’abord conceptualisé par Condorcet (1741- 1794) que l’on considère comme le pionnier de la laïcité. Mais la mise en application ne serait effective que quelques décennies plus tard, dans le cadre des réformes de la IIIe République (1870).

Jules Ferry dont le nom est inséparable de l’histoire de la laïcité française mit en place en 1882 une loi rendant l’école publique, obligatoire, gratuite et laïque. La séparation de la société civile de la société religieuse sera consacrée comme fondement de la république française par la fameuse loi du 09 décembre 1905 séparant l’Eglise de l’Etat. 

Bien que les républicains gagnent une bataille politique majeure, les apôtres de la religion d’Etat et de l’enseignement religieux ne baissèrent pas les bras et ils continuent de le faire jusqu’à l’époque actuelle.

De nos jours, des difficultés nouvelles sont constatées lors de la mise en œuvre du principe de laïcité dans le monde du travail, dans les services publics, en particulier, dans les établissements scolaires. La France d’aujourd’hui est appelée à répondre à de nouvelles revendications culturelles et religieuses émanant particulièrement des populations émigrées. L’internationalisation du phénomène islamiste et son corollaire le terrorisme ne fait qu’exacerber l’inquiétude de l’Occident en général et de la France en particulier et rend impossible le dialogue entre religions et civilisations.     

Les établissements scolaires sont les plus ciblés par les atteintes à la laïcité. Face à ces nouvelles difficultés,  une Commission sur l’application du principe de laïcité dans la République, présidée par le Médiateur, Bernard Stasi, a été mise en place en juillet 2003 par le chef de l’Etat, elle a rendu son rapport le 11 décembre 2003 dans lequel elle réaffirme le principe de laïcité dans la République française. Suite à ce rapport, la loi n° 2004-228 du 15 mars 2004 a été votée à l’unanimité. Elle interdit “le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse” dans les écoles, les collèges et les lycées publics en France. En avril 2007, une charte de la laïcité dans les services publics élaborée par le Haut conseil à l'intégration et le Premier ministre rappelle aux agents et aux usagers de ces services leurs droits et leurs devoirs en la matière.

Sur le terrain, l’application de cette loi vieille comme la République française rencontre des résistances farouches dans certains milieux religieux entretenant ainsi une crainte vis-à-vis de l’émigration, une crainte utilisée comme fond de commerce par les partis de l’extrême droite. Une lutte sans merci est livrée par, d’une part, ceux qui veulent perpétuer des traditions républicaines et de l’autre des militants qui portent des revendications religieuses d’une société de plus en plus hétérogène. Mettre dans le même sac les revendications culturelles et religieuses, c’est vouloir faire passer un projet intégriste nébuleux sous couverture de la culture. En outre, à ma connaissance, les différentes cultures sont bel et bien respectées et protégées par la loi dans l’Hexagone.

2.JPGPar ailleurs, après avoir mis à feu et à sang les pays musulmans, les extrémistes religieux ont adopté une nouvelle stratégie qui consiste à donner l’impression qu’ils sont à même de faire appliquer la charia’a même dans les pays occidentaux, une manière de saper le moral de leurs adversaires dans leurs pays d’origine. Pourtant, cette religion est minoritaire dans les pays et elle est généralement représentée par les personnes issues de l’émigration. A titre d’exemple, à en croire un sondage réalisé en avril 2007 (voir image ci-contre) sur la religion des français[2], parmi les 69% des français qui disent avoir une religion, 3% seulement sont musulmans. L’erreur serait de surestimer la représentativité de cette religion en considérant comme musulman tout citoyen français d’origine des pays islamiques. Or, en réalité, la plupart de ces émigrés ont fui leur pays à cause justement de l’intégrisme et des régimes totalitaires qui gouvernent leurs pays.      

Enfin, comment expliquer que dans les pays où l’islam est minoritaire, les musulmans réclament plus que le droit à la liberté religieuse tandis que dans les pays musulmans aucun respect n’est accordé aux autres confessions ? La question mérite bien d’être posée.



[1] Titre emprunté au chanteur, Idir, de son album éponyme sorti en 2007, en France, chez Sony et BMG.

[2] Article paru dans l'hebdomadaire La Vie  dans son numéro du 28 février 2007 et réalisé à partir d'un sondage de l'Ifop. 

Tag(s) : #Pédagogie

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