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Un exemple stimulant, à la jonction du terreau national et de l’universel

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Les visiteurs de "Socialgerie.net" ne peuvent que remercier Khelifa Hareb d’avoir, par son envoi, contribué à combler l’injustice et le tort profond causés à l’Algérie par la méconnaissance des trésors culturels que nous a laissés le grand MOHIA.

Peu de témoignages rendent hommage à Mohia, pour la substance et l’importance sociale et culturelle de son œuvre, y compris dans sa dimension politique nationale au sens profond du terme.

 Je me souviens que jamais je n’ai tant ri aux éclats et apprécié une œuvre théâtrale que lorsque, dans les ténèbres de ma vie clandestine, vers les années 80, j’ai reçu de la part du regretté Aziz Belgacem (* ) la cassette de la pièce théâtrale "Tacbaylit" (La Jarre), si merveilleusement adaptée à notre société qu’on aurait cru que Pirandello l’avait créée directement en Kabyle et pour les berbérophones. Le miracle, c’est que l’oeuvre savoureuse est écrite dans la langue courante, accessible au moins instruit et dans la chaumière la plus reculée du pays. Un peu comme les poèmes si profonds de Lounis Ait Manguellet dont le dernier album « Tawriqt Tacebhant ».

Par son oeuvre et sans débordements théoriques oiseux, Mohia a aussi tranché le faux et pernicieux débat à connotation idéologique, celui de la nature des caractères (latins, arabes ou tifinagh) à utiliser.
Comme le rappelait à juste titre le regretté Aït Amrane, créateur en janvier 1945 de l’hymne "Ekker a miss Oumazigh", la priorité absolue à la production, à la création féconde, quelle que soit la transcription alphabétique, pourvu que celle-ci donne accès à un secteur de la population à qui cette transcription est la plus familière.
Ensuite, l’usage, la qualité des oeuvres produites trancheront sur le moyen terme en faveur des modalités les plus opérationnelles, les plus souhaitables et les plus consacrées par la vie et le contexte global.

Il reste le plus important pour tous : relayer et diffuser toutes les productions susceptibles d’irriguer et féconder les demandes culturelles arabophones ou berbérophones encore en friche, à quoi s’ajoutent les créations en langues étrangères, comme l’ouvrage de Brahim Senouci qui entre autres restitue avec verve les anecdotes révélatrices d’états d’âme populaires dans une région arabophone de l’Ouest algérien. Lire la suite.

Tag(s) : #Idles amaziɣ

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