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La réforme éducative entamée en 2003 avait suscité chez bien des acteurs éducatifs un immense espoir de par ses innovations pédagogiques et méthodoligiques. Les enseignants de FLE (français langue étrangère) en étaient les premiers à espérer une meilleure considération de la discipline qu’ils enseignent mais cet espoir s’est vite estompé pour laisser place au doute et au désenchantement du fait que les carences enregistrées depuis l’ordonnace n° 35 -76 du 16 avril 1976 semblent bien perdurer malgré les beaux discours de changements. Les causes de cet échec recommencé sont évidemment multiples et nous ne pouvons les insérer toutes dans une seule contribution. Même si, à la lumière de la réforme éducative de M. Benbouzid, les programmes semblent ambitieux, les manuels censés les matérialiser par des actes pédagogiques et didactiques concrets sont, le moins qu’on puisse dire, loin de répondre à l’exigence de qualité que requiert un projet de réforme d’une telle envergure.   

 

Pis, au vu du manque de moyens de duplication dont souffrent la plupart des écoles primaires et le volume horaire très réduit consacré à l’enseignement/apprentissage du français, le manuel scolaire, supposé être seulement un support d’appoint à la mise en place d’un programme, est devenu une sorte de carcan tuant dans l’œuf tout effort créatif des enseignants.

 

Apprendre à écrire mal

L’un des principaux objectifs de l’enseignement du FLE en 3e année primaire, est l’initiation à l’écriture. L’élève découvre durant cette première année d’apprentissage du français, entre autres, les deux types d’écriture, à savoir la scripte (caractères d’imprimerie) et la cursive (lettres manuscrites). Si pour le premier type d’écriture, l’enfant est seulement appelé à acquérir la capacité d’établir la correspondance grapho-phonologique, ce n’est pas le cas du deuxième type où il est attendu de lui de lire et de reproduire les signes graphiques. Pour cela, en raison de la crédibilité dont jouit le livre dans les représentations de l’enfant, les modèles de cursives donnés dans son manuel constitutueraint pour lui une référence allant jusqu’à faire fi des explications de l’enseignant. Et c’est souvent plus facile d’apprendre que de désapprendre quelque chose que l’on a mal appris !    

C’est pourquoi il est aberrant de constater que, dans le livre de 3e AP, les polices cursives utilisées ne sont pas des polices de caractères scolaires « standard ». Pourtant, une grande variété de polices d’écriture scolaires « correctes » est librement téléchargeable sur le web (je cite au hasard « Cursif » et les différentes polices « Ecolier »).

Quant à l’organisation des activités d’apprentissage de l’écriture, la taxonomie de Bloom est, à notre avis, la mieux appropriée. L’élève identifie d’abord la lettre à étudier dans un contexte (lecture de mots contenant la lettre à étudier et découverte du signe graphique à travers son son), ensuite il étudie la lettre isolée (apprentissage de l’écriture de la lettre en dehors de tout contexte) pour, enfin, étudier la lettre dans un contexte (lecture et écriture de mots contenant la lettre étudiée). L’expérience du terrain a prouvé l’efficacité de ce modèle pédagogique proposant une classification des niveaux d'acquisition des connaissances, allant de la simple restitution de faits jusqu'à la manipulation complexe des concepts. Cliquer Ici pour télécharger l'intégralité du document.

 

Par Karim Kherbouche

Tag(s) : #Actualité

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