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Contes-berberes-de-Kabylie.jpgLe conte populaire affirme l’unicité du bien et du beau. Il est un élément essentiel des stratifications de la culture spirituelle du genre humain.

Une observation attentive nous permet de suivre la pénible mais triomphale ascension de l’homme sur les degrés du progrès. La sensation enfantine de l’entité et de l’unicité de l’existence, de communion avec le monde et de sa propre immortalité, l’éternel enchantement devant la réalité ostensible, la croyance en la réalisation du rêve et la réalité du merveilleux furent, à l’origine, les composants de la «banque des gênes», du conte, qui le rendirent éternel et prédéterminèrent l’humanisme de ses formes ultérieures. En Algérie, le conte populaire suit les mouvements de l’âme, les destinées du peuple. Toute époque a ses contes. Dont les meilleurs devancent le temps. Nos aïeux racontaient des contes pour émerveiller les enfants.

En fait, de tout temps, conte «rime» avec enfance. Il n’est pas de forme littéraire plus conforme à la nature de l’enfant, à sa psychologie, à son besoin de se réjouir et de découvrir, de s’émouvoir et de créer, de voir triompher le bien et la justice, de jouer et de se divertir. Le conte n’a pas d’entraves. Il laisse libre cours à l’imagination, éduque et enseigne. Au conte, rien n’est impossible. Or, l’inconciliabilité du merveilleux et du réel est illusoire. Apparemment éloigné du réel, le conte, pour peu que ses règles soient observées, tend à la recherche et à l’expression de la vérité. En fait, le pathétique du conte populaire naissait de l’optimisme spontané de l’être humain n’ayant pas encore rompu le cordon ombilical qui le reliait à son environnement. Et cet environnement était sa vérité.

Les plus grands poètes et prosateurs algériens puisèrent les sujets et les images dans les trésors du folklore national : par exemple, Mouloud Mammeri (Le sommeil du juste), Mohamed Dib (Baba Fekrane, Dieu en Barbarie), Rachid Boudjedra (Les mille et une nuits de la nostalgie), Rachid Mimouni (La ceinture de l’ogresse, L’honneur de la tribu), Merzac Bagtache (Azzouz El Cabrane), Djilali Khellas (Voyage au bout de l’amour), Mostefa Faci (Le roi du cimetière), Mohamed Magani (Esthétique de boucher), Waciny Larej (Fleurs d’amande), etc. Nombre de nos dramaturges ont adapté ou utilisé les contes populaires dans leurs pièces théâtrales : Alloula Abdelkader, M’hammed Benguettaf, Mahieddine Bachetarzi, Kateb Yacine, Mustapha Kateb, Allalou, etc.  Les pierres précieuses des contes poétiques, polies de siècle en siècle par les sources de l’âme algérienne, roulaient, telle la boulette enchantée, d’une génération à l’autre, assurant une liaison solide entre les partants et les arrivants, le relais ininterrompu de la sagesse, de l’humanisme, de la vivace croyance en une imminente justice.  Aujourd’hui, l’Algérie compte aussi des chercheurs de haut niveau dans le domaine de la littérature populaire, en général, et du conte merveilleux, en particulier : les Slimane Hachi, Abdelhamid Bourayou, Youcef Nacib, Rachid Benmalek et autres n’ont rien à envier à leurs homologues des pays développés.                           
 Djilali Khella. Source: El Watan

Tag(s) : #Littérature

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